Forum mondial de la démocratie

Du 27 au 29 novembre 2013 se tenait le forum mondial de la démocratie à Strasbourg,


Organisé par le Conseil de l’Europe, cet événement réunit des centaines de participants et des dizaines d’intervenants des quatre coins de la planète autour de cette question essentielle de la démocratie ...avec plus particulièrement cette année la question du numérique et donc de la e-démocratie.

Je ne pouvais pas ne pas faire passer mon tour de France par le forum mondial de la démocratie et c’est à double titre que je suis intervenu :

- Tout d’abord, dans la programmation officielle, en accompagnement de Cyril Lage, avec qui j’ai conçu et lancé Parlement & Citoyens, plateforme de co-construction de propositions de lois. On y a aussi retrouvé Pascal Derville notre ami de Questionnez Vos Élus.



- Je suis aussi intervenu dans le OFF du forum, à l’invitation du monde pour un « Mond’café », format participatif avec les lecteurs du journal, pour témoigner de l’expérience de mon tour de France autant que pour brosser un portrait de notre démocratie aujourd’hui et de ce qu’elle pourrait devenir demain, notamment grâce à internet.



Voici le papier publié dans Le Monde à cette occasion et dans lequel je décris ma vision de ce que le numérique peut changer à la démocratie :

Être citoyen connecté, c'est d'abord être citoyen tout court, c'est-à-dire participer à la vie de la cité, à sa gestion et à son organisation. Être citoyen, c'est aussi faire des choix de société au quotidien, savoir s'informerdébattre et agir dans le sens de l'intérêt général. 
Grâce à Internet et aux outils numériques, le monde politique et l'administration peuvent s'organiser plus efficacement et faire participer un nombre croissant de citoyens à leurs actions. Ces outils nous affranchissent des contraintes du temps et de l'espace : plus besoin de se déplacer pour assister à une réunion publique, la participation peut se faire en ligne, à tout moment. De plus en plus de plates-formes Web proposent d'associer les citoyens à la conception ou à la mise en oeuvre des politiques publiques. 

LE POUVOIR D'AGIR 
La campagne pour les élections municipales de mars 2014 en offre un parfait exemple : les Français peuvent s'impliquer dans l'élaboration des programmes de certains de leurs candidats (sur Candidat & citoyens), les interroger (sur Questionnez vos candidats) et comparer leurs programmes politiques (sur Voxe.org). De plus en plus de plates-formes participatives permettent à des citoyens autrefois passifs de devenir de véritables e-citoyens engagés.
Notre démocratie représentative, traditionnellement pyramidale, mute peu à peu vers une démocratie ouverte, plus transparente et participative. Internet fluidifie les relations entre le e-citoyen et ses représentants élus.
Les bouleversements qu'apportent nos smartphones, tablettes et autres objets connectés vont plus loin : ils changent la manière que nous avons de nousinformer, de nous former et de communiquer. De plus en plus, ils changeront aussi notre façon de décider ensemble, de produire des biens communs et donc faire société. 

UNE AUTRE DÉMOCRATIE 
Connectés, nous gagnons en pouvoir d'agir : nous pouvons désormais nous organiser, entre pairs, pour entreprendre et lancer de nouvelles initiatives,expérimenter des alternatives et donner du sens à nos existences. La forme ultime de ce modèle collaboratif, c'est une société de e-citoyens autonomes qui utilisent Internet pour se mettre en relation, échanger et s'auto-organiser, sans avoir besoin de représentants élus ou d'Etat-nation planificateur.
L'ensemble du système représentatif en est profondément remis en cause : à quoi bon déléguer à 577 députés le pouvoir exclusif de débattre et de voter les lois si nous sommes techniquement et cognitivement capables de le faire nous-même ?
Ce sont les questions que nous posent les partis pirates, les anonymous, les « révolutionnaires de jasmin » ou « d'érable », les « bonnets rouges » et tous les « indignés » qui, de plus en plus nombreux, réclament une autre démocratie. 

Armel Le Coz

Robert Herrmann, 1er adjoint en charge de la démocratie locale à Strasbourg

Roland Ries, Sénateur-Maire (PS) de Strasbourg, n'étant pas disponible pour me recevoir, je rencontre son 1er adjoint : Robert Herrmann, en charge notamment de la démocratie locale.


J'ai pu découvrir une pratique concrète de démocratie locale, parfois participative, avec des élus d'une grande métropole qui semblent avoir un réel soucis de transparence, de pédagogie et de recherche du consensus.
Discussions riches et parfois techniques, avec des exemples concrets de réalisations participatives.

(Interview vidéo à venir)

François Loos, candidat UDI à Strasbourg

Journée chargée ce mercredi 27 novembre : Après avoir rencontré Alain Jund (EELV) et avant de voir le 1er adjoint PS (Robert Herrmann) à la mairie de Strasbourg, je prends du temps pour discuter démocratie avec François Loos, candidat UDI à la mairie de Strasbourg.



Le CV de François Loos est impressionnant : plusieurs fois ministre, député, vice président du conseil Général d'Alsace, président du parti radical, membre fondateur de l'UMP, PDG de plusieurs entreprises, président de l'école de commerce de Strasbourg, président de l'ADEME... ce polytechnicien a une pratique très riche d'une grande diversité de responsabilités politiques et économiques.

(Interview vidéo à venir)

Alain Jund, candidat (EELV) à Strasbourg

J'ai bien failli ne pas voir Alain Jund, victime du froid qui commence à s'abattre sur l'Alsace en cette fin de novembre ...mais malgré son état de santé, le candidat EELV à la mairie de Strasbourg m'accueille quand-même très (trop) rapidement dans sa permanence pour quelques minutes d'échange.


(Interview vidéo à venir)

Xavier Bechereau, candidat du Parti de Gauche à Reims

Xavier Bechereau est un jeune candidat, tête de liste du Parti de Gauche à Reims.
Il accepte très vite de m'accueillir chez lui pour parler démocratie.


Xavier est très préoccupé par l'état de notre démocratie, comme en témoigne un article écrit sur son blog Mediapart.

Nous nous rejoignons assez vite autour d'un constat : le "contrat social" qui est censé nous relier tous, en tant que citoyen est en train d'éclater ...et il devient extrêmement urgent de redéfinir un contrat social plus adapté aux enjeux du XXIème siècle.

La photo que nous prenons devant un poster de Martin Luther King n'est pas anodine : le célèbre militant non-violent est une source d'inspiration pour Xavier.

(Interview à venir)

Kader Chekhemani, directeur de campagne d'Yvon Robert à Rouen

Je suis accueilli dans la permanence du PS de Rouen par Kader Chekhemani, maire adjoint, Conseiller Régional et directeur de campagne d'Yvon Robert. L'actuel maire socialiste de Rouen brigue un autre mandat. Il a pris la suite de Valérie Fourneyron devenue ministre en 2012.



Athlète de haut niveau (champion de France 1995 au 1.500m), Kader Chekhemani est délégué au sport. Il accueille avec curiosité et bienveillance ma démarche autour des questions démocratiques. Pour lui, le contact direct avec le citoyen est primordial. Il fréquente d'ailleurs tous les clubs de sport de Rouen !

(Interview à venir...)

Jean-Michel Bérégovoy, candidat à Rouen

Après un trajet laborieux entre Amiens et Rouen (plus de 4h d'auto-stop sous la pluie), je rejoins Jean-Michel Bérégovoy, candidat EELV à la mairie de Rouen.



JM. Bérégovoy est conseiller municipal. Comme l'ensemble de son groupe, il a démissionné de son poste d'adjoint en cours de mandat ...mais il parle encore avec passion de son activité en tant qu'adjoint à la démocratie participative, avec quelques succès et expériences passionnantes de co-production de politiques publiques.

JM. Bérégovoy est le neveu de Pierre Bérégovoy, premier ministre de François Mitterrand.

D'entrée de jeu, JM. Bérégovoy est très accessible. Son franc-parlé et son dynamisme sont loin du cliché du politique distant et froid !
Il semble d'ailleurs assez apprécié par les Rouennais pour ces traits de caractère.

(Interview complète à venir)

Brigitte Fouré, candidate à Amiens

Brigitte Fouré est candidate à la mairie d'Amiens. Elle a été maire de la ville de 2002 à 2007 lors du passage de Gilles de Robien au gouvernement.

Conseillère générale de la Somme, Brigitte Fouré se présente à Amiens avec son étiquette Nouveau Centre et avec le soutien de l'UMP.


Je suis reçu dans sa permanence pour une discussion concentrée et appliquée au sujet de la démocratie, thème sur lequel les élus n'ont pas suffisamment le temps de se questionner, me confie Brigitte Fouré.

(Suite de l'interview à venir)

Christophe Porquier, chef de file EELV à Amiens

Je suis reçu au Conseil Régional de Picardie par Christophe Porquier, vice-président en charge de l'éco-développement, énergie-climat.
Christophe Porquier est aussi chef de file pour les municipales à Amiens.


(Interview à venir)

Catherine Quignon Le Tyrant, maire de Montdidier

Catherine Quignon Le Tyrant est maire de Montdidier (80). Elle se représente pour un 3ème mandat de maire. Elle est aussi élue du Conseil général de la Somme.


(Interview à venir)

Déborah Münzer, conseillère municipale à Nogent sur Marne

Déborah Münzer est conseillère municipale (adjointe à la culture) à Nogent sur Marne (94). Elle sera probablement sur la liste du maire sortant (Jacques J.P. Martin) s'il se représente.
Elle fait aussi partie de l'équipe de campagne de NKM à Paris.


(Interview à venir)

Qui rencontrer dans le Nord ?

Après un bon petit tour dans le Centre, le Limousin, l'Auvergne et en Île de France, je vais parcourir les routes du Nord de la France pendant quelques semaines.
Du 18 Novembre au 8 Décembre, je naviguerai (en stop) entre la Haute-Normandie, la Picardie, le Nord-Pas-de-Calais, le Nord de Champagne-Ardenne, voir même l'Alsace et la Lorraine.


J'ai besoin de vous pour faire connaître mon initiative auprès du maire et/ou des candidats de votre commune. Voici un formulaire qui vous permet de m'informer des maires/candidats que je peux rencontrer : http://www.tourdescandidatsetmairesdefrance.fr/p/participer.html

N'hésitez pas à faire passer le mot.
Merci d'avance !



Patrice Leclerc, candidat à Gennevilliers

Patrice Leclerc est conseiller municipal à Gennevilliers (92) et candidat pour 2014.


(Interview à venir)

Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly

Jean-Christophe Fromantin est maire de Neuilly et député des Hauts-de-Seine.



(Interview à venir)

Un mois sur les routes

Voilà 1 mois que j’ai commencé ce tour de France à la rencontre des maires et des candidats aux prochaines élections municipales. J’ai rencontré une quinzaine de maires et candidats en Ile de France, dans le Centre, le Limousin et l’Auvergne :
Paris (75) > Vincennes (94) > Courbevoie (92) > Dourdan (91) > Pierrefitte sur Sauldre (41) > Cormeray (41) > Vendôme (41) > Aubusson (23) > Ambazac (87) > La Villedieu (23) > Clermont-Ferrand (63) > Aubusson d’Auvergne (63) > Chalus (63) > Marçais (18).

Ce premier « échantillon » est déjà riche de rencontres incroyables. Une bonne moitié des candidats/maires m’ont accueillis chez eux, ce qui nous permet d’avoir des discussions informelles souvent aussi intéressantes que les interviews face caméra.


Ayant choisi de me déplacer essentiellement en auto-stop et de dormir chez l’habitant lorsque je ne suis pas accueilli chez les candidats/maires, j’ai aussi l’occasion de parler démocratie avec des citoyens « lambda ». Une bonne cinquantaine de conducteurs et couchsurfeurs pour le moment. Je tiens d’ailleurs à les remercier chaleureusement de me faire confiance et de m’accueillir chez eux ou dans leur voiture.

Même si je ne suis pas encore en mesure de tirer un véritable bilan de ce premier mois sur les routes de France, voici quelques analyses et impressions "à chaud" :


# Un ras-le-bol citoyen


La grande majorité des personnes qui m’acceptent dans leur voiture pour quelques kilomètres sont dégoûtées, désabusées ou désintéressées des questions politiques. J’entends souvent « tous pourris ». Beaucoup pensent que les élus s’enrichissent personnellement (surtout les élus nationaux), sont inefficaces et manquent de courage pour « vraiment faire bouger les choses ».

Aucun ne m’a dit qu’il pensait que le système allait dans le bon sens. Au contraire, presque tous sont persuadés qu’on est dans une impasse

Certains conducteurs, lorsqu’ils commencent à parler politique, se lancent dans un constat sans fin des problèmes inextricables de notre société, sans voir de lumière au bout du tunnel. Ils finissent parfois par s’énerver tout-seuls. Il m’est arrivé plusieurs fois de tourner court à la conversation politique et de changer de sujet de peur que notre voiture finisse dans le fossé !



# Maire : un engagement souvent ingrat


La défiance et le découragement des personnes qui me prennent en stop contraste beaucoup avec l’énergie et l’activisme que je rencontre souvent chez beaucoup de maires et candidats.
Être maire demande un gros travail, sur le terrain auprès des habitants mais aussi en mairie, avec les conseillers municipaux et l’administratif qu’il faut gérer.

Les élus que je rencontre sacrifient souvent beaucoup de temps et parfois une carrière professionnelle pour se mettre au service de leur commune.
Un maire m’a confié :
« Avant de commencer à travailler, j’ai effectué mon service militaire. Je considère mon engagement de maire, pris au début de ma retraite, comme un second service à la société, un service citoyen. Je sais et je sens bien que les habitants de ma commune sont contents du travail que j’ai effectué à leur service. Je n’ai eu un « merci » qu’une seule fois au cours de mes 6 ans de mandat. Je ne me représenterai pas. Un mandat, c’est déjà beaucoup ».


# Difficile de trouver des volontaires


Les maires des petites communes m’ont presque tous fait part de leur difficulté de trouver des citoyens prêts à donner de leur temps pour s’engager.

Déjà à l’échelle du conseil municipal, il est parfois compliqué de rassembler une liste complète de vrais volontaires prêts à travailler leurs dossiers.
Lorsqu’il s’agit de trouver des citoyens pour participer, en cours de mandat, à des projets précis, c’est souvent aussi difficile !

Dans beaucoup de petites communes, personne ne souhaite devenir maire …et certains se présentent à reculons.



# Du pessimisme aussi chez les maires


Les maires eux-mêmes sont souvent assez pessimistes et alarmés : beaucoup remettent fortement en cause le système et notamment le pouvoir des partis politiques.

Même si certains pensent que la société fonctionne globalement bien et qu’il s’agit seulement d’en réformer quelques points, beaucoup d’autres souhaitent que s’engage une mutation profonde de cette société, sans toujours trop savoir vers quoi il faudrait se diriger.


# Lourdeurs & Responsabilités !


Ce sont les deux mots qui reviennent le plus lorsque j’interroge les maires sur ce qui les empêche d’avancer au quotidien. L’administratif prend une place prépondérante : normes, directives, chartes, règlements… sont autant de freins à l’innovation dans les communes.

D’un autre côté, la responsabilité du maire est très vite engagée en cas de problème, ce qui le pousse là aussi à minimiser les risques, quitte à rester dans un immobilisme sclérosant pour le territoire.

Beaucoup de maires de petites communes passent la majorité de leur mandat sur de la gestion des affaires courantes, qui ne leur laisse pas de temps pour l’innovation et l’expérimentation.



# Un manque cruel de formation des élus


Beaucoup d’élus m’ont fait part d’un grand besoin de formation. En début de mandat, un maire nouvellement élu n’est absolument pas préparé à gérer une mairie.

Des formations financières, de gestion de projet, de gestion du facteur humain, etc. seraient les bienvenues pour aider les élus à aborder sereinement et efficacement leur mandat !



# Un « attentisme » des citoyens


Dans la plupart de mes rencontres avec des citoyens (en auto-stop, dans les cafés et commerces ou lorsque je suis hébergé chez l’habitant), à travers les discussions politiques que je déclenche, je ressens à quel point une très grande majorité des gens considèrent l’engagement citoyen et la politique comme « extérieur » à eux. Comme si nous n’en étions pas tous des acteurs (ou des acteurs potentiels). Comme s’il ne nous était pas possible ou pas permis de nous engager et de jouer un rôle dans la gestion de la vie de la cité.

On attend beaucoup « du politique » et on est souvent très vite déçu. La pierre est alors jetée sur « le » politique.

Je vais m’attarder un peu sur ce point car il me semble essentiel. Il est même à mon avis au cœur de la question de la démocratie.

Je pense qu’une démocratie saine est une démocratie dans laquelle chacun se sent citoyen, dans laquelle chacun se sent en capacité d’agir dans le sens du bien commun, de participer à la vie de la cité et à sa bonne gestion. Ce sentiment d’être en capacité de s’engager, cette sensation de pouvoir agir manquent cruellement à notre démocratie aujourd’hui. Être en capacité d’agir, ça veut dire en avoir le temps, en avoir la capacité intellectuelle et cognitive, en avoir les moyens matériels…

Politiquement, nous baignons dans une culture de la représentation et de la délégation qui poussent à la défiance, à la non-participation, voir même à la confrontation (« C’est à « eux » de faire puisqu’on les a désignés pour ça. Si ça ne marche pas, c’est de leur faute …et je ne vois pas trop ce que je pourrais faire moi pour changer tout ça »).

Au contraire, les systèmes participatifs et ouverts poussent au « faire ensemble », à la prise d’initiatives, au collaboratif.

Certains candidats l’ont bien compris et basent justement leur programme sur cet aspect collaboratif (ceux que j’ai rencontré à Vincennes, Vendôme et Clermont-Ferrand, par exemple).
Certains territoires se sont aussi lancés dans une politique collaborative qui pousse au « faire ensemble ». Les meilleurs exemples que j’ai constaté sont surement sur le plateau de de Millevaches en Limousin, territoire rural très dynamique avec un fort engagement citoyen. Le politique s’y voit comme animateur des dynamiques locales. Il les accompagne, les suscite, les outille et les met en valeur. Nous sommes alors très loin du simple principe de délégation des citoyens vers le politique !




# La démocratie, cet impensé


Plus mon voyage avance et plus je suis persuadé que le problème ne vient que très rarement des personnes (élus, responsables politiques, etc.) mais beaucoup plus du système lui même, c’est à dire de la manière qu’on a de s’organiser en société et de vivre ensemble.

Nous appelons notre système « démocratie » sans en connaître la définition. Nous jouons tous un grand jeu sans en connaître les règles, sans jamais les avoir discutées, choisies et encore moins acceptées !

Il en est de même pour les candidats et maires que je rencontre. Pour l’instant, aucun n’avait une vision parfaitement claire d’un autre système qui pourrait mieux fonctionner. Tous ont des idées, des pistes d’améliorations, des choses qu’ils veulent changer mais pas de représentation de ce à quoi pourrait ressembler le monde de demain (ou d’après-demain !).

Finalement, j’observe assez peu de réflexion des candidats et des maires (autant que des citoyens) sur la notion de démocratie et en creusant un peu, je m’aperçois que tous en ont des représentations parfois très différentes.

C’est aussi pour cette raison que mon périple est passionnant. Je réveille chez certains une envie de prendre un peu de recul sur leurs pratiques. Je permets à d’autres de préciser leur vision d’un système idéal. J’apporte parfois des éléments. Beaucoup de questions.

Alain Ollé, maire de Chalus

Alain Ollé est maire de Chalus (63), un petit village perché en Auvergne, au sud d'Issoire et de Clermont-Ferrand.


(Interview à venir)

Thierry Letellier, maire de La Villedieu

Thierry Letellier est maire de La Villedieu sur le plateau de Millevache en Limousin. Il est aussi président de la Communauté de Communes de Gentioux.



(Interview à venir)

Josette Libert, candidate à Ambazac

Josette Libert est maire adjointe d'Ambazac, Conseillère générale de la Haute-Vienne et candidate (Front de Gauche) aux municipales d'Ambazac en 2014.


(Interview à venir)

Bernard Chaumeil, candidat à Dourdan

Je continue ma route en direction de l’Essonne pour parler démocratie avec Bernard Chaumeil, candidat tête de liste à Dourdan (91).




Bernard Chaumeil, que pensez-vous de notre « démocratie » ?




Selon vous, qu’est-ce qu’internet peut apporter à la démocratie ?




« Dessine-moi une démocratie »


Après l’interview rapide face caméra, nous-nous lançons dans un repas-discussion sur ces questions de démocratie. L’occasion de dessiner et de rentrer dans la vision d’une démocratie idéale, selon Bernard Chaumeil (et les autres convives, avec qui le débat fait rage !) :



Une gestion efficace


Comment gérer la vie de la cité de manière efficace ?
Voilà la problématique qui anime Bernard Chaumeil, encore plus que les questions d’innovation démocratique, de participation des habitants où d’internet citoyen.

Comme en entreprise, il est important de fonctionner par projets.

Le temps de la démocratie, c'est donc surtout avant le mandat : au moment de la définition du projet pour la ville (et donc du programme électoral) …et plus encore au moment de choisir entre les différents projets, c’est à dire lors du vote, le jour de l’élection.


La démocratie, cette grande urne



L’image choisie par Bernard Chaumeil pour représenter la démocratie est d’ailleurs dans cet esprit : c’est une grande urne, avec de grandes oreilles. L’écoute des citoyens passe avant tout par leur bulletin de vote.
La désignation de représentants élus au suffrage universel est donc au centre de la démocratie.


Carte blanche à l’élu



Dans cette situation, l’élu a un rôle capital : il se doit d’avoir une vision, c’est à dire un projet clair et cohérent pour son territoire.

Entre deux mandats, il est important que l’élu ait les mains libres et le temps pour mettre en place son projet. Par son vote, le citoyen lui donne « carte blanche » tout au long de son mandat, pour mettre en œuvre ce projet.


L’élu : une éponge aux grandes oreilles



La place de l’élu est avant tout sur le terrain, pour s’imprégner et connaître parfaitement son territoire. Le lieu de la démocratie, c’est dans la rue, au contact des habitants : l’élu est là pour les écouter et répondre à leurs questions.

Démocratie dans la rue ? …pourquoi pas, même, aller jusqu’à remettre des espaces démocratiques en plein air, comme les forums romains ou les agoras grecques de l’antiquité !

Le rôle des services de la collectivité est de mettre en œuvre la vision des élus et donc de travailler les dossiers en coordination avec eux. Des méthodes innovantes de travail peuvent être utilisées pour plus de créativité et d’efficacité dans l’administration.


Communication et consultation



Au fur et à mesure que les projets avancent, la mairie et les élus se doivent de communiquer au maximum sur l’état d’avancée des projets. Pour cela, tous les moyens sont bons : discussions directe auprès des habitants, sur les marchés ou lors de réunions publiques. Communication sur le site web de la ville, dans la presse locale ou le journal communal…

Au fil du mandat, de nouveaux projets (hors programme) peuvent apparaître et certains projets du programme peuvent avoir besoin d’évoluer ou de se préciser. Dans ce cas, des dispositifs participatifs, votes et référendums peuvent être intéressants à mettre en place pour recueillir l’avis des citoyens.


Droit de suite


Comme pour les autres interviews, je retransmets ici ce que j’ai retenu (de manière forcément partielle) de la vision qu’a Bernard Chaumeil d’une démocratie efficace.

Il me semble important de proposer un « droit de suite » à tous les candidats et maires que je rencontre, afin qu’ils puissent préciser leur vision.
Bernard Chaumeil, la parole est à vous si vous souhaitez rajouter quelque-chose…

Jean-André Lasserre, candidat à Courbevoie

Je reste en région Parisienne, direction Courbevoie, à la rencontre de Jean-André Lasserre, conseiller général d’île de France et candidat (PS) aux élections municipales dans cette ville dont une partie constitue le quartier d’affaire de la Défense.

Plusieurs personnes m’ont conseillé de rencontrer Jean-André Lasserre : il a été l’un des pionniers de la démocratie participative à Paris dans le 20ème arrondissement et il a beaucoup à dire sur le sujet (nous avons discuté une bonne partie de la nuit !).

Extraits.




"Dessine-moi une démocratie"




- La démocratie "emboîtée"



L’idée est proche de celle du "principe de subsidiarité" qui préconise qu'une action soit allouée à la plus petite entité capable de la traiter. Par exemple, pour l’aménagement d’une place, prendre la décision avec les personnes du quartier …et pour le réchauffement climatique, prendre des décisions à une échelle mondiale.


- Une démocratie "enrichie"




La démocratie représentative est enrichie par différents éléments :
  • La transparence, qui garantit un accès aux données et aux informations publiques.
  • La participation des citoyens et des corps intermédiaires.
  • Une mise en relation intelligente entre les acteurs du territoire.
On retrouve ici une bonne partie des fondements de la démocratie ouverte (ou OpenGov).


- Des élus actifs et animateurs



Les élus n’ont plus le monopole de la décision. Il sont beaucoup plus dans l’action et prennent un rôle de facilitateur voir même d’animateur des énergies sur leur territoire.

Les élus sont plus proches des citoyens mais aussi des représentants de la société civile (associations, entreprises, collectifs, etc.) qui composent un maillon essentiel de cette démocratie « emboitée » et « enrichie ».


Le rôle des élus n'est plus uniquement de dessiner un « projet de territoire » : leur rôle est plutôt de créer un environnement favorable à la prise d’initiative des habitants, un « territoire de projets ».


- Penser le territoire comme un écosystème



Une approche systémique est de mise, c’est à dire penser son territoire comme un écosystème ou tout est lié.  L’analyse des différentes « parties-prenantes » (les acteurs du territoire) permet d’enrichir la démocratie.
L’initiative individuelle vient nourrir les projets collectifs …mais attention à l’individualisme de masse : l’intérêt général ne vient pas de l’addition des intérêts particuliers.


- L'importance de la formation



Enfin, l’éducation populaire et tout au long de la vie est essentielle pour donner au citoyen le pouvoir de comprendre, d’analyser, d’entreprendre et d’agir dans une telle société.

Jean-André Lasserre, que pensez-vous de notre "démocratie" ?




Selon vous, qu’est-ce qu’internet peut apporter à la démocratie ?





Droit de suite

Pour chaque rencontre, je retransmets ma vision, forcément partielle, des discussions échangées le temps d’une soirée. Il me semble intéressant de proposer un « droit de suite » à tous les candidats et maires que je rencontre. Jean-André Lasserre, la parole est à vous si vous souhaitez rajouter quelque-chose…